Archives mensuelles : novembre 2013

Le groupe et l’Education Conductive

Cette dernière semaine  fut bien calme… et les premiers jours encore plus avec seulement deux élèves présents. Deux élèves, deux adultes ! On pourrait croire que c’est formidable pour justement permettre une guidance efficace. Certes, mais il manque alors un élément essentiel : l’effet de groupe. En éducation conductive, le groupe est très important. Comme à l’école classique ( enfin presque…. mais là n’est pas le sujet ), l’enfant est une partie d’un tout. Autour de lui, il peut voir d’autres enfants ayant environ les mêmes compétences que lui, il voit d’autres enfants essayer de faire ; voire d’autres enfants y arriver. Il est alors stimulé, il veut faire aussi, il veut y arriver : la motivation est là, ce qui est le point de départ à un bon apprentissage.

L’effet groupe est accentué par les chansons ou comptines, scandées tous ensemble, mais aussi par la verbalisation des exercices.   C’est ce qu’on appelle l’intention rythmique : cela peut aider l’enfant à trouver des repères et donc l’aider à intégrer un mouvement ou une action. La verbalisation des exercices va, quant à elle, permettre à l’enfant non verbal de mettre des mots sur ce qu’il fait ou doit faire ( » je pose mes pieds à plat, je me lève…. ») voire à l’inciter à la parole.

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Le groupe va aussi avoir pour effet de travailler les compétences sociales, d’apprendre les règles de la vie en groupe et donc en société.

En écrivant cet article, j’ai réalisé deux trois petites choses. Tout d’abord, Petö était en avance sur son temps… ça je le savais déjà car il a, en quelque sorte, basé sa méthode sur la plasticité cérébrale, qui n’a été démontrée que bien des années plus tard. J’ai réalisé aujourd’hui, qu’avant les travaux d’Howard Gardner sur la théorie des intelligences multiples,  Petö avait compris qu’il était important de multiplier les formes de stimulations, de renforcer un apprentissage par la variété des exercices.  Ainsi, quand on fait un mouvement même avec guidance, on stimule l’intelligence corporelle-kinesthésique, en verbalisant on stimule l’intelligence verbo-linguistique, en chantant l’intelligence musicale-rythmique, et en groupe l’intelligence interpersonelle. Vraiment cet homme était un visionnaire.

Guidance et facilitation

Voici deux termes souvent employés en Education Conductive…. ils ne sont pas forcément facile à comprendre tant qu’on n’a pas pratiqué l’Education Conductive.

On a parfois l’impression que les enfants sans problème moteur apprennent quasiment seuls : on n’a jamais vraiment besoin d’enseigner à un enfant à attraper un jouet, à se mettre à quatre pattes, à se mettre assis, etc. Avec nos loulous extraordinaires, ce n’est pas le cas. Pour la plupart d’entre eux, tout doit leur être appris. Et pour apprendre un geste, un mouvement, l’adulte va servir de guide. L’accompagnant sera là pour aider l’enfant à accomplir un geste le plus juste possible… Parfois, il est même nécessaire d’être deux.

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Cette guidance « parentale » permet à l’enfant d’intégrer le bon geste et donc de pouvoir un jour le reproduire. Cela permet aussi à l’enfant de prendre confiance en lui, car même si il est aidé, il est acteur de son propre mouvement, ce qui est très important pour nos enfants.

La difficulté pour les parents ou aidants, est de diminuer progressivement cette guidance, de  fournir seulement l’aide nécessaire, ni plus ni moins. Cette étape peut-être complexe pour les parents car nous sommes, souvent avec nos enfants, dans un schéma de faire à la place de l’enfant. On fait souvent à la place de l’enfant pour aller  plus vite, pour faire mieux, pour de multiples raisons toutes aussi valables les unes que les autres… ( vous me direz c’est aussi le cas avec les enfants sans handicap ! ). Nous, parents, apprenons donc à lâcher prise, à être patient, à avoir confiance en notre enfant. Ce chemin peut parfois être long et douloureux ! Mais tout s’apprend et au fil du temps l’enfant acquièrt de nouvelles compétences et notre aide doit se faire plus discrète…

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… jusqu’à devenir inutile : l’enfant maîtrise le geste ou une partie de l’action. Il devient plus autonome… ce qui est notre objectif… ce qui est l’objectif de tous les parents pour leurs enfants handicapés ou non !

Intermède

A la suite du repas, les enfants vont « à la sieste ». Certains dorment, d’autres jouent ou rêvassent , l’essentiel étant que tout le monde se repose.

Nous allons donc faire nous aussi une pause dans cette série d’articles sur l’éducation conductive pour vous raconter un peu de la semaine des loulous.

Jeudi, comme le temps était favorable, direction le jardin botanique de Bayeux pour y ramasser des marrons ce que tout le monde s’attacha à faire de manière conductive…. sauf Oscar qui, lui, préféra ramasser des feuilles.

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Les enfants profitèrent du reste de l’après-midi pour se balader dans le parc et surtout pour jouer avec les différents jeux tels que balançoire, toboggan…

Le lendemain à l’école, Rénata proposa aux enfants une activité peinture avec les marrons…. la consigne était simple : peindre avec un marron en guise de pinceau sur la feuille. Certains  préférèrent n’en faire qu’à leur tête : peindre avec ses mains, peindre sur ses mains…..

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Quoiqu’il en soit, le résultat fut superbe.

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Après un rapide nettoyage des mains, les enfants s’attelèrent à la difficile tâche de construire un bonhomme en marron !

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Les oeuvres seront exposées à l’école la semaine prochaine ! Si vous passez par là , n’hésitez pas à venir les admirer !